TWISTED TALE, « Profondeurs de l’océan », Liz Braswell

On ne va nulle part en battant des nageoires, il faut des jambes pour sauter et danser !

La Petite Sirène, 1990

Bien le bonjour jeunes gens !

Je crois que nous connaissons tous l’histoire de cette petite sirène, passionnée par le monde des humains et qui tomba follement amoureuse du Prince Eric, celui pour qui elle échangea sa voix contre quelques jours sur la terre ferme. Cette histoire m’a faite rêver, m’a faite m’attarder dans mon bain durant des heures en me demandant ce que ça pourrait être d’avoir des nageoires… C’est aussi à cause de cette sirène que je parlais aux crabes quand je me baladais sur la plage… #petitefillebizarre

Aujourd’hui je souhaitais vous parler de ma dernière lecture, qui n’est autre que la réécriture de ce conte de fées aquatique ayant bercé mon enfance. Il s’agit de « Profondeurs de l’océan », le troisième opus de la collection Twisted Tale, parue chez les éditions Hachette Heroes et écrite par Liz Braswell. Si vous avez lu mes précédents articles sur celle collection, alors vous commencez à connaître le principe. Mais pour ceux qui auraient oublié de se déconfiner entre temps, voici les liens vers les premiers tomes de cette saga :

Ce rêve bleuHistoire Éternelle

Pour les curieux, je vous mets ci-dessous le résumé de ce roman :

« Ariel est une jeune sirène rêveuse qui ne souhaite que deux choses : parcourir le monde et avoir des jambes. Cette curiosité pour le monde des humains et son attirance pour le Prince Eric la poussent à transgresser les lois de son père, le Roi Triton, et à commettre l’irréparable : échanger sa voix contre sa liberté.

Mais tout bascule lorsqu’elle ne parvient pas à se défaire du marché passé avec Ursula… Cinq années plus tard, orpheline et sans voix, Ariel est devenue la reine d’Atlantica tandis que la sorcière des mers, toujours déguisée, règne sur le royaume du Prince Eric. Lorsque la Petite Sirène découvre que son père pourrait être vivant, elle retourne à la surface pour confronter Ursula, auprès d’un prince qu’elle imaginait ne jamais revoir.

Ceci n’est pas l’histoire de La Petite Sirène telle que vous la connaissez. C’est une histoire de pouvoir. De courage. D’amour. Une histoire où un seul détail peut tout changer « .

Et si Ariel n’avait jamais vaincu Ursula ?


Des personnages à l’épreuve du temps

Quand on visionne ce dessin animé cultissime, ce qui ressort le plus sur l’héroïne est son côté effrontée et impulsive. On y voit une adolescente guidée uniquement par ses sentiments et qui agit sans réfléchir. Dans ce chef-d’oeuvre, Ariel n’a que 16 ans, ce qui explique son manque de maturité. En revanche, dans cette réécriture, la petite sirène n’est plus si petite que ça. En effet, on la retrouve 5 ans après les événements ayant causé sa perte. Elle a donc 21 ans et est à la tête du royaume des mers. Autant vous dire qu’avec une profession pareille, il y a de quoi prendre un coup de vieux en un claquement de doigts. Tout au long du récit, on y découvre une jeune femme calme, qui réfléchit avant d’agir. Je dois vous avouer qu’en lisant les premiers chapitres, j’ai eu du mal à croire qu’il s’agissait vraiment d’Ariel tant je la trouvais mâture et en décalage avec l’oeuvre originale de Disney, ce qui est loin d’être un mauvais point en ce qui me concerne !

L’autre point étant venu me conforter dans cette idée qu’Ariel avait bel et bien gagné en maturité est qu’elle n’a plus les même désirs qu’autrefois. Consciente de poids de sa charge royale, sa préoccupation première n’est plus d’assouvir ses désirs d’autrefois, mais bien d’accomplir son devoir comme il se doit. Tout cela passe avant le reste et ce trait de noblesse est, je trouve, une vraie bouffée d’air frais pour ce personnage, car en tant que lectrice, j’avais l’impression de la redécouvrir. Ariel est une jeune femme devenue quelque peu taciturne, méditant souvent sur le passé et les erreurs qu’elle a commises. Au fil des pages, elle prend pleinement conscience de l’empressement dont elle a fait preuve et se rend compte qu’aujourd’hui, bien des années après, ses désirs ne sont plus tout à fait les mêmes.

Si j’avais une fille, je veillerai à ce qu’elle puisse faire ce qu’elle désire pour enrichir sa vie. Etre un bon parent, c’est aussi aider ses enfants à quitter le nid.

Une machination insoupçonnée

Que serait l’histoire de La Petite Sirène sans cette méchante emblématique qu’est Ursula ? Nous sommes d’accord, cette histoire n’aurait pas du tout eu le même intérêt ! Aussi mystérieuse qu’autrefois, plus déterminée qu’avant, cette créature à tentacules est plus cruelle que jamais. Utilisant encore la voix d’Ariel, et toujours sous la forme de Vanessa, Ursula dirige le royaume du Prince Eric – la Tirulie – d’une main de fer. Accompagnée de ses deux comparses Flotsam et Jetsam sous leur forme humaine, elle ne change pas ses vieilles habitudes et continue de mettre en place des intrigues. Dès le départ, on découvre qu’elle a un but bien précis basé sur la conquête de territoires voisins, même si l’on ne comprend pas vraiment pourquoi, étant donné que le monde des humains n’a absolument aucun attrait à ses yeux. D’ailleurs au fil des chapitres, ses plans sont changeant, et cette inconstance est peut-être la preuve de son double jeu. Un double jeu face aux humains qu’elle manipule grâce au sortilège qu’elle a lancé juste avant de quitter sa forme de sorcière des mers, mais aussi face à elle-même qui ne semble pas assumer ses vrais désirs…

Bien entendu, si toute cette histoire a commencé, c’est bien parce qu’Ariel a croise la route du beau Eric. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai de nouveau regardé le dessin animé il n’y a pas si longtemps, et avec le recul, je trouve que le prince renvoie l’image d’un homme assez frivole, qui se contente de prendre du bon temps. A aucun moment on ne le voit « travailler »… Dans cette réécriture, les premiers chapitres nous le dépeignent comme un homme sous l’emprise d’un sortilège le faisant passer pour débonnaire et fou, un mari préférant s’adonner à ses passe-temps plutôt que d’assumer ses responsabilités. C’est d’ailleurs comme ça qu’Ursula a su prendre les rennes du royaume. Suite à un rebondissement inattendu, Eric reprend ses esprits. Et c’est là que ce produit une chose intéressante : au lieu de s’énerver et de combattre courageusement la méchante sorcière, le prince nous dévoile son côté stratège et avance ses pions en finesse pour renverser l’oppresseur.

Lorsqu’elle avait perdu sa voix, elle avait compris que les mots ne disaient pas tout, bien au contraire. Souvent, le vrai sens résidait dans les non-dits.

Une fin inattendue

Face aux coups infligés par les différentes parties, les personnages ont des réactions intéressantes. En effet, face au rôle que le prince Eric se met à jouer, Ursula montre une certaine faiblesse dans sa personnalité, une faille dans sa détermination, comme si elle manquait de conviction et qu’elle agissait plus par habitude qu’autre chose. Quant à Eric, on y voit un homme qui reprend goût à la vie après les années de ténèbres qu’il a vécu suite au sortilège de la sorcière des mers. Ses réactions sont parfois digne d’un petit garçon et nous donnent le sourire, car c’est un vrai rayon de soleil dans toute cette noirceur. Ariel, elle, n’est plus cette enfant écervelée qu’elle a été, mais une jeune femme forte et déterminée prête à tout pour faire le Bien.

La clôture de ce roman est quelque peu mitigée. Bien sûr je ne vous dirai pas comment il se termine exactement, car je n’ai absolument aucun intérêt à vous spoiler. Tout ce que je peux vous dire, c’est que l’on est loin des contes de fées habituels. On fait face à des adultes désireux de rattraper le temps perdus mais qui n’oublient pas où les ont mené leurs désirs du passé. Ils font face à leur traumatisme et avancent prudemment pour faire face à un avenir plein de mystères qui ne manquera pas de leur réserver des surprises. La façon dont se termine cette histoire est une ouverture sur un après quelque peu inconstant où tous leurs problèmes sont loin d’être réglés. Tout comme pour Histoire Éternelle, une suite à ces aventures seraient vraiment la bienvenue !

Il était tellement facile de parler d’abord et de décider plus tard s’il s’agissait de la vérité ou d’un mensonge.


J’espère que cette chronique vous aura plu autant qu’à moi ! Si vous avez déjà lu cette réécriture, je serai plus que ravie d’échanger avec vous dans les commentaires !

Quel est ton personnage préféré dans La Petite Sirène ?

A très bientôt pour de nouvelles aventures !

Aurélia

TWISTED TALE, « Histoire Eternelle », Liz Braswell

Histoire éternelle qu’on ne croit jamais ! De deux inconnus, qu’un geste imprévu, rapproche en secret

Avouez : la petite voix dans votre tête a chanté les paroles. Je suis super excitée d’écrire cet article aujourd’hui car je vais vous parler de mon conte de fées préféré : La Belle et la Bête ! Sautons tout de suite le passage où vous me dites « Ouais, c’est juste une fille qui développe un syndrome de Stockholm pour son agresseur…« . NOOOOON ! Bon, ok, peut-être un peu… Mais la morale de l’histoire est bien plus profonde que ça ! Cette histoire nous apprend à voir au-delà des apparences, et à juger les gens sur leur beauté intérieure ! C’est pas beau ça franchement ?

Maintenant que nous sommes enfin d’accord, je vais plus précisément chroniquer une réécriture du chef d’oeuvre de Disney. Après sa version d’Aladdin dans Ce rêve bleu, Liz Braswell est revenue avec une nouvelle vision de la malédiction à la rose. Toujours publié chez les éditions Hachette Heroes, ce second opus de la collection Twisted Tale était grandement attendu de mon côté. Pour nous mettre en bouche, une simple phrase : « Et si la mère de Belle avait maudit la Bête ?« . Intriguant, non ?

Résumé :

« Belle est une jeune femme vive : intelligente, ingénieuse, impatiente. Curieuse, elle n’aspire qu’à échapper définitivement à son petit village. Elle veut explorer le monde, malgré les réticences de son père à quitter leur chaumière, au cas où la mère de Belle reviendrait – une mère dont elle se souvient à peine. Mais Belle est surtout la prisonnière d’une bête effrayante et colérique – et c’est son principal souci. Pourtant, quand Belle touche la rose enchantée de la Bête, des images étranges la submergent, des images d’une mère qu’elle pensait ne jamais revoir. Plus étrange encore, elle réalise que sa mère n’est autre que la belle enchanteresse qui, jadis, a maudit la Bête, son château, et tous ses habitants. Sous le choc, Belle et la Bête doivent s’unir pour percer le sombre secret autour de leurs familles – un secret vieux de vingt et un ans. Ceci n’est pas l’histoire de la Belle et la Bête telle que vous la connaissez. C’est une histoire de famille. De magie. D’amour. Une histoire où un seul détail peut tout changer. »

Un récit à deux vitesses

Cette histoire commence en nous plongeant dans le passé des parents de Belle. On y voir son père, Maurice, arriver dans ce petit village que nous connaissons tous, et les raisons qui l’y ont poussé. On y entrevoit une vie de couple heureuse emprunte de magie, où la féerie fait partie intégrante de l’existence du royaume. Mais dès les premières pages, une intrigue bien plus sombre que celle que nous connaissons déjà prend place, avec pour nœud un conflit racial.

Chaque chapitre relatant la jeunesse des parents de Belle s’alterne avec ceux nous décrivant l’histoire originale de Disney. Le récit s’ouvre sur la scène où Gaston organise son mariage surprise avec Belle alors qu’il ne la pas encore demandée en mariage. L’auteure nous plonge dans la psychologie de Belle, ce qui nous permet de la découvrir sous un nouvel angle et de mieux nous rendre compte de tous ses talents. Grâce à ça, j’ai pu comprendre de façon plus approfondie l’histoire mise en place par Disney.

Le double élément déclencheur

La mère de Belle est un tout nouveau personnage que l’on prend plaisir à découvrir. Nommée Rosalind, elle nous est dépeinte comme une enchanteresse d’une beauté sans pareille, pleine de compassion et toute puissante, prête à se battre farouchement pour protéger ses idées et ceux qu’elle aime. Alors que le conflit racial a pris des proportions dépassant tout entendement, l’enchanteresse décide toutefois d’octroyer une dernière chance au royaume des hommes, ou du moins à son nouveau souverain : le prince. La suite vous la connaissez : la malédiction est lancée.

Dans le moment présent, Belle est retenue prisonnière de la Bête et, malgré l’interdiction formelle du prince, la jeune fille décide tout de même d’explorer l’aile ouest du château. Pénétrant dans les appartements de la Bête, Belle découvre la rose enchantée. Subjuguée, Belle s’en saisit. A son contact, la fleur magique se flétrit, déclenchant plus tôt que prévue la malédiction pensant sur les lieux. Prisonnière imprévue de l’enchantement, Belle est prise de regrets et se rend compte que le temps joue contre eux. Aidée de la Bête, elle entamera des recherches pour retrouver sa mère disparue des années plus tôt pour tenter de briser le charme suspendu au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès.

Il n’y a pas d’aventures sans risques. Tu ne pourras jamais vivre si tu as peur de l’échec

Réparer les erreurs du passé

Lovés dans la bibliothèque du château, nos héros parcourent les registres et commencent doucement à assembler les pièces du puzzle. Grâce à leur ingéniosité, l’origine de toute cette affaire sera déterrée, accompagnée de révélations fracassantes…auxquels les lecteurs ne sont pas prêts à faire face ! J’ai dû poser mon livre une quinzaine de minutes le temps de digérer ces nouvelles informations, c’est vous dire !

Au dénouement de ce conte de fées, tous les personnages finissent par tirer des leçons des erreurs du passé. Même si cette fin avait pour moi un goût amer, l’auteure laisse la porte ouverte sur une potentielle suite. Je trouve cette idée très alléchante et je supplie l’auteure d’entendre mes prières et d’écrire la suite des aventures de Belle et de la Bête !

Les actions ont des répercussions. La magie est à double tranchant, mais il en va de même pour nos actes. Et plus une personne est importante, plus ses actes comptes

🦊🦊🦊🦊🦊/5


Sur ces bonnes paroles, je vous laisse ! J’ai une théière parlante qui me demande de me dépêcher de boire mon thé. En même temps si Zip parlait un peu moins, ça irait mieux…

On se retrouve bientôt pour un nouvel article !

Aurélia

DISNEY VILLAINS, « Miroir, miroir », Serena Valentino

Miroir, miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ?

Quelle petite fille n’a jamais reproduit cette scène mythique devant le miroir de la salle-de-bains pendant ses heures de jeux ? Personnellement, je l’ai fait teeeeellement de fois ! Et quand je ne me prenais pas pour la méchante reine, je m’imaginais capable de parler aux animaux. J’ai souvent tenté d’expliquer à mon chien comment faire mon lit d’ailleurs, en vain…

Bien le bonjour jeunes gens !

Les éditions Hachette Heroes nous gâte en ce moment ! Après la collection Twisted Tale, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous parler d’une autre de leur collection : Disney Villains !

Alors ok mais, qu’est-ce que c’est ? Ce n’est autre qu’une saga imaginée par la célèbre auteure Serena Valentino, qui nous retrace les histoires de nos Disney favoris, à la différence près que cette fois-ci, tout est raconté du point de vue du méchant ! Avouez que c’est tentant, non ?

Le premier tome de cette saga, vous l’aurez compris, n’est autre que l’histoire de la sorcière à la pomme empoisonnée. J’ai nommé : la méchante reine ! Villain emblématique de l’univers Disney, ce personnage fascine de part le mystère qui l’entoure. Comment a-t-elle acquis ses pouvoirs ? Pourquoi est-elle comme ça ? D’où lui vient son obsession pour sa beauté ? Quel est son passé ? Toutes ces questions vont trouver leur réponses. Et je dois dire que l’histoire de Serena Valentino m’a fait voir ce personnage féminin sous un tout nouvel angle…

Elle imaginait son cœur tel un miroir brisé, dont les morceaux ne se recolleraient jamais

Une évolution psychologique

Nous connaissons tous cette femme névrosée prête à tout pour apaiser son ego, même à tuer. Mais la méchante reine n’a pas toujours été ainsi. En effet, le roman s’ouvre sur une jeune femme issue d’un milieu pauvre. Orpheline de mère, son père ne s’est jamais remis de la disparition de son épouse et se venge sur sa fille qu’il tient pour responsable de tous ses malheurs. Celle-ci grandit et passe toute son enfance persécutée par son seul parent. Puis un jour, alors que le roi du royaume était en campagne, il passe près de chez elle et fait sa connaissance. Subjugué par la beauté de la jeune femme, il en tombe éperdument amoureux et l’épouse sans tarder. C’est ainsi que cette femme devient alors reine, ainsi que la belle-mère de Blanche-Neige.

On y découvre une femme douce et aimante qui agit comme une vraie mère avec la petite princesse, ce qui m’a grandement surprise car j’avais comme préjugé que les villains étaient méchants de nature, que le mal était ancré en eux depuis leur naissance. QUE NENI ! C’est une jeune femme bienveillante qui se dévoile, une femme qui a souffert du manque de sa mère et qui fait tout son possible pour que Blanche-Neige ne ressente pas la même chose.

Puis au fil des chapitres, on voit l’horizon de ce royaume enchanté s’assombrir lentement mais sûrement. Comme n’importe quel royaume prospère, celui-ci est attaqué et son souverain doit partir de plus en plus souvent guerroyer pour défendre ses terres. Notre jeune reine se retrouve souvent seule et, inconsciemment, son esprit fait le parallèle avec son enfance, époque où elle était déjà très solitaire. La mélancolie semble la suivre partout et c’est ainsi qu’elle s’enferme dans une solitude abyssale, avec pour seule distraction la progéniture de la personne qui lui manque le plus au monde, et dont les absences ne semblent plus finir.

Seule avec ses pensées, la jeune reine ressasse le passé et ne cesse de repenser aux phrases destructrices de son père qui, de son vivant, n’a jamais eu de cesse de lui asséner. En tant que femme dans une époque féodale, notre héroïne ne gère d’aucune façon les affaires du royaume. Alors malgré les clameurs scandées par le peuple à son égard, elle comprend que cet amour n’est dû qu’à sa beauté. C’est à partir de ce moment que commencera son obsession pour son apparence.

La folie est dans les yeux de celui qui regarde.

L’origine du mal

Comme je vous le disais plus tôt, c’est dans son enfance que prend racine le mal qui rongera ce personnage emblématique. C’est à l’âge adulte qu’elle goûte enfin au bonheur, et le roi se présente ainsi comme son sauveur, celui qui lui rappelle sans cesse sa beauté, qui dément le fantôme de son père. Dans ce roman, la reine est sans cesse à la recherche de l’attention de son roi, de son approbation. Il est sa seule réelle raison de vivre.

À la mort de celui-ci, c’est tout son monde qui s’écroule. Elle perd son but, l’être qui lui est le plus cher. Mais en tant que souveraine, elle ne peut pas se permettre de prendre le temps pour faire son deuil, car c’est une avalanche de responsabilités qui lui incombent alors : diriger un pays et élever l’enfant de son amour perdu. Durant l’enfance de la princesse, sa présence lui rappelle constamment qu’elle a perdu l’homme de sa vie. Et en grandissant, la petite fille se transforme en jeune fille. Une jeune fille de plus en plus jolie.

Lors de ses noces avec le roi, les trois cousines éloignées de celui-ci, des personnages aussi étranges qu’effrayantes, avaient offert à la reine un vieux miroir. Installé dans son boudoir, la jeune reine découvre que l’objet est loin d’être ordinaire. En effet, le miroir est habité par un esprit, qui n’est nul autre que le père de la reine. Pensant être enfin libérée de la pression malsaine de son dernier parent, c’est avec effroi qu’elle continue de subir ses persécutions sans qu’elle ne puisse rien n’y faire. En effet, il est inenvisageable pour elle de s’en débarrasser, ou même de le détruire, car sa magie lui est plus qu’utile : le miroir a pour obligation de répondre à toutes les demandes de son propriétaire. Et en plus de lui apprendre l’art occulte de la magie, il détient toutes les réponses. Y compris l’identité de la femme la plus belle de toutes.

Toutes les horreurs qu’il avait dû voir pesaient terriblement sur son âme, mais elles lui avaient aussi ouvert les yeux sur la réalité du monde.

Une suite intéressante

Vous connaissez tous ce que la méchante reine fait subir à Blanche-Neige en tentant d’arriver à ses fins. C’est pourquoi je ne vous le rappellerai pas. Ce qui m’a interpellée a été la façon dont se termine cette réécriture. Dans le dessin animé, l’histoire se termine sur Blanche-Neige et son prince charmant chevauchant vers un château enchanté sur fond de soleil couchant. Mais ensuite ? Que se passe-t-il ?

La méchante reine, sous sa forme de sorcière, perd la vie en tombant du haut d’un précipice. Ironie du sort, elle se retrouve à son tour enfermée dans le miroir dont Blanche-Neige hérite. Soulagée des craintes de son vivant, la reine retrouve enfin la raison et réalise l’ampleur et les conséquences de ces actes. Elle devient alors une conseillère éclairée et bienveillante pour sa fille adoptive qui, elle, utilisera le miroir avec parcimonie.

Cette dernière, en bonne princesse, pardonnera à sa belle-mère les mauvais sévices qu’elle lui a fait subir, et préfèrera garder en mémoire les bons souvenirs qu’elle partage avec cette femme. La reine trouve alors dans son emprisonnement une rédemption en plus d’une pénitence, ce qui permet de refermer ce livre sur un happy end, même s’il est quelque peu amère.


J’espère que cet article vous aura plu ! J’attends vos retours dans les commentaires 😉

Quel est votre méchant Disney préféré ? Auriez-vous imaginé l’histoire de la méchante reine de cette manière ?

On se retrouve bientôt pour un nouvel article ! 😘

Aurélia